Hommage à Francis Weber

Hommage à Francis Weber, Ingénieur Géologue, ancien membre du CGS

Notre collègue Francis Weber est décédé le 1er décembre 2025 à l'âge de 96 ans. Francis Weber était Ingénieur géologue de l’Ecole de Géologie de Nancy (promotion 1954) . Il a débuté sa carrière comme prospecteur minier du CEA au Gabon. A partir des observations obtenues durant ces années de prospection, il a préparé puis soutenu une thèse de doctorat d’état en 1969 à l’Institut de Géologie de Strasbourg sous la direction de Georges Millot, avant d’intégrer le CGS (Centre de Géochimie de la Surface) comme chercheur CNRS. Cette unité de recherche de l’époque s'est depuis transformée (intégrant le LHYGES de 2009 à 2020) et correspond depuis 2021 à l'ITES / EOST.

Son travail de thèse faisait un point exhaustif, à l’époque, du contexte géologique et lithologique des formations franceviliennes du Gabon, formations précambriennes datées de 2450 à 1900 millions d’années. Ces formations se sont révélées être des formations tout à fait exceptionnelles d’un point de vue géologique à deux titres au moins:

D’une part, ce sont les formations qui renferment un des rares réacteurs nucléaires naturels connus, dont le fonctionnement a été étudié par Francis Weber puis ses doctorants au premier rang desquels François Gauthier-Lafaye (directeur du CGS de 2005 à 2008). Ce dernier a été ensuite le porteur des études sur ce réacteur à Strasbourg. Ces travaux se sont poursuivis ensuite et se poursuivent encore aujourd’hui à l’IPHC (Institut PluriDisciplinaire Hubert Curien) sous la direction de Benoit Gall. 

D’autre part, autour des années 2010 ces formations ont été l’objet d’une découverte majeure, la découverte d’organismes planctoniques pluricellulaires, dont l’existence était insoupçonnée à cette époque pour des périodes aussi anciennes. Ces travaux pilotés par le groupe de Poitiers  sous la direction d’Abder El Albani, ont été menés en étroite relation avec François Gauthier Lafaye et Francis Weber et se poursuivent encore aujourd’hui. iIs conduisent à des publications scientifiques de tout premier plan dans lesquels Francis restait très impliqué. 

Nul doute que ces formations pourraient révéler d’autres découvertes majeures dans le futur, dans des domaines encore insoupçonnés aujourd’hui, les sciences de la Terre évoluant au gré des découvertes.